Inde

Le pays qui rend fou

Article mis à jour le 23/01/2010


Les gens

la politesse
La première chose que nous avons remarquée chez les indiens, c'est l'absence des standards d'éducation civique occidentaux. On entend presque jamais « merci », et peu de gens nous répondent lorsque nous leur disons « bonjour ». Cela dépend peut-être de la région ou du fait que nous soyons dans des zones touristiques, mais au début c'est étrange.

le harcèlement dans les lieux touristiques
Dans tous les lieux touristiques que nous avons eu l'occasion de visiter, nous avons été régulièrement harcelés par des indiens. Ça commence toujours de la même façon: « hello my friend ». Et si on a le malheur de répondre « hello », alors c'est parti pour les questions habituelles: « what's your name », « where are you from », suivi en général de quelque chose comme « ah vous français ? Bonjour, comment ça va ? j'ai un ami en France ». Il s'agit bien sur d'une phrase apprise par coeur, le gars ne parlant pas réellement français. Au bout de quelques minutes, une fois qu'on est devenu son ami, on commence à savoir pourquoi on a été abordé: il veut vous faire voir sa boutique, il veut devenir votre guide, ou alors il veut simplement des sous, mais dans le dernier cas, il ne va évidemment pas vous le demander tout de suite et va attendre que votre relation d'amitié s'étoffe un peu pendant encore une petite demie heure. Si jamais vous lui dite « I have no money », il va vous regarder outré et vous dire que vous le décevez, il n'est pas là pour votre argent (mon oeil).

Si vous êtes fort, et que vous avez réussi à passer outre cette agression, attention, 3 mètres plus loin dans la rue, un autre type vous dit « hello my friend »... Vous pouvez expérimenter des dizaines de techniques pour passer outre ce harcèlement permanent tout en restant poli, mais aucune ne fonctionne systématiquement. C'est qu'ils ont l'habitude de se faire rembarrer et de revenir à la charge.

Le harcèlement dans le train
Quand on prend le train en Inde pour la première fois, c'est génial. On est l'attraction du wagon. Tout le monde vient nous voir, nous parler. On a enfin l'occasion de discuter avec des indiens authentiques. En plus ils sont adorable, enfin tout est parfait.

Quand on prend le train en Inde pour la seconde fois, on est toujours l'attraction du wagon, mais quelque chose a changé. Ils ont beau être adorables, il viennent tous nous poser les mêmes questions à chaque fois: « what's your name ? », « which country ? », « which city ? », « are you married ? », « what's your salary ? », « what's your job ? », « what's your religion ? », « do you like India ? », ? Alors les premières fois, on se prête au jeu, et puis au bout de cinq heures, quand on a entendu ces questions vingt fois ou plus, on commence à péter un câble. Et si on veut se réfugier dans un bouquin ou dans la musique, ce n'est pas une barrière pour eux. Ils continuent à nous poser des questions quand même.

Dans les yeux
La plupart des gens que nous croisons nous regardent droit dans les yeux. Même lorsque l'on regarde ailleurs, on continue à se sentir observé. Parfois, cela peut durer des heures comme ça, dans le cadre d'un voyage en train par exemple. Mais la personne qui vous regarde ne prend pas la peine de vous parler ni même de vous dire « bonjour ». Un moyen pour que cela cesse consiste à soutenir le regard de la personne, mais ça ne marche pas à tout les coups.

Le raclement de gorge
C'est un bruit que l'on entend à longueur de journée. Cette action précède généralement la libération d'un bon gros glaviot. Même une jeune et jolie demoiselle, habillée d'un magnifique sari coloré n'hésitera pas à se racler copieusement la gorge devant vous.

La police
Les policiers que nous avons croisé dans le train étaient équipés de fusils à l'ancienne mode. Pendant le trajet, ils ont réveillé un pauvre type qui dormait et nous ont installé à sa place. Ça ne servait à rien, mais c'était plus histoire de montrer au gens du wagon que des blancs peuvent leur obéir. Ils ont également arraché un magazine des mains d'un voyageur pour bouquiner un moment. Ce dernier n'a pas bronché et a attendu une bonne demie heure qu'on le lui rende. Ils ont également pris un thé, servi par un vendeur ambulant, mais ils n'ont pas jugé utile de le payer.

La rue

Les klaxons
A l'origine, cette belle invention permet d'avertir les autres usagers de la route d'un danger potentiel. Ici, cet appendice a été amélioré afin d'émettre un signal beaucoup plus assourdissant qu'à l'accoutumée. Il est généralement utilisé simultanément par tous les usagers de la route (vélos compris), et de façon continuelle, souvent même pendant plusieurs dizaines de secondes consécutives. Certains cyclistes ont fixé un système de sonnette sur le frein de la roue avant de leur bicyclette (pour un maximum d'efficacité et un minimum d'effort).

La pollution
Dans ce pays, l'immense majorité des véhicules motorisés ne passeraient pas le contrôle technique en France. De ce fait, et vu la densité de population (plus d'un milliard d'habitants), la pollution de l'air est plus que perceptible lorsque l'on marche dans la rue. Rajoutez à cela la poussière et les cendres des crémations dans les villes comme Varanasi (Bénarès) et quand vous vous moucherez le soir, ce sera tout noir. Cet excès de pollution peut aussi être à l'origine de toux chronique.

Les vaches se font plaisir
Dans une majorité de rues de ce pays, on croise souvent des vaches sacrées. Et qui dit vaches, dit bouses de vache. Ça arrive souvent qu'on marche bien comme il faut dans une bonne grosse bouse, mais comme on dit, ça porte bonheur.

La nourriture dans la rue
Le premier stand de nourriture dans lequel nous avons déjeuné était situé près d'une bouche d'égouts. Nous vous conseillons de tremper vos samosas dans une sauce épicée afin de limiter l'impact des relents de pourriture infâme sur vos papilles gustatives.

Les transports

Les files d'attente
Les files d'attentes dans les gares ferroviaires indiennes sont souvent longues. Et quand enfin c'est à votre tour de passer, les autochtones vous passent allègrement devant. Encore un exemple de la légendaire éducation civique des gens. Quelques temps plus tard, quand vous avez enfin réussi à jouer des coudes pour passer, vous n'entendez pas ce que l'homme au guichet raconte dans son anglais improbable puisqu'un bruit strident de perceuse couvre sa voix.

Le bureau des réclamations
Ça y est, vous avez votre billet de train dans les mains. En consultant le tableau des départs de train, vous vous apercevez que votre billet ne correspond à aucun train au départ. Surtout que sur ce billet ne figure aucun horaire ni numéro de train, juste la date du jour. Vous vous rendez donc au bureau des réclamations pour en savoir plus. Autour de ce guichet, des dizaines de personnes attendent, agglutinées au comptoir. A l'intérieur du bureau, il y a deux personnes qui discutent, sans se soucier plus que ça des gens qui poireautent à l'extérieur. Toutes les cinq minutes, un des deux agents de réclamation se retourne, traite une demande, et revient à sa conversation qui doit être passionnante. En voyant le monde qui attend vous vous frayez un chemin jusqu'au comptoir, mais vu la situation, vous laissez tomber et cherchez un autre moyen d'avoir des informations.

Le « time table » des trains
En faisant la queue à un autre guichet, on vous dit qu'il vous faut consulter le « time table » des trains. Vous vous procurez donc ce précieux document. C'est en fait un pavé de plusieurs centaines de page qui vous fait penser à un manuel de cricket, le fameux sport national, dont les règles sont incompréhensibles pour les non initiés. Après un moment passé à chercher une forme d'organisation dans ce fichu bouquin, vous tombez sur une liste de trains qui partent de la gare où vous vous trouvez. Malheureusement, vous n'en trouvez aucun qui se rende à votre gare de destination. Vous laissez tomber et cherchez un autre moyen d'avoir des informations.

Le bureau des réclamations (bis)
En suivant les conseils d'un autochtone, vous faites le tour du bureau des réclamations, jusqu'à la porte vitrée de service. Là, vous tambourinez, montrez votre face de blanc tout perdu, et plaquez votre billet de train sur la vitre. Là, un agent se lève, et vient vous dire l'heure de votre train et le quai sur lequel vous devez l'attendre. C'est gagné, vous allez pouvoir monter dans le train.

Les pauses à chaque gare
Vous connaissez tous le TER français (Train Express Régional), ce train qui s'arrête à chaque gare pendant 2 minutes. Nous avons testé pour vous la version indienne. Le train démarre, roule à vive allure pendant environ une minute et ralentit. Il s'arrête dans une gare au milieu de nulle part, et le chauffeur descend pour prendre le thé avec le chef de gare. Comme la chose doit être conviviale, la pause dure de 10 à 30 minutes. Le train repart ensuite, et l'opération se renouvelle à la gare suivante, et ainsi de suite... Lorsque le train s'arrête à la dernière gare avant l'arrivée (plus que 13 km), la pause est plus longue et dure environ 45 minutes. Il nous a fallu 9 heures pour réaliser un trajet de 200 kilomètres. Mais c'était pas cher, il faut savoir ce que l'on veut dans la vie.

Divers

Les toilettes publiques
Parler des toilettes publiques en Inde est difficile par écrit, et relève de la poésie la plus virulente. C'est un festival pour les narines et pour les yeux. Pensez à amener votre papier, il n'est pas fourni.

Un pays qui manque de jus
Une ou plusieurs fois par jour, on subit des coupures de courant, et ce, quel que soit l'endroit où nous avons été. Ces coupures sont-elles dues à une insuffisance d'énergie comme au Népal, ou à un système électrique défaillant comme au Vietnam ? Nous n'en savons rien, mais quand on veut recharger son appareil photo pour prendre le Taj Mahal le lendemain matin, cela peut poser quelques problèmes. Dans la journée, les chambres sans fenêtres restent dans l'obscurité, mais à la nuit tombée, un groupe électrogène vient en renfort, mais uniquement pour la lumière (Ne sont pas concernés les grands hôtels où nous n'avons pas mis les pieds).

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