Thaïlande

Lost in the jungle

Article mis à jour le 29/11/2009


Nous sommes le mercredi 25 novembre, et il est 16h00. Nous sommes dans le parc national de Khao Yai, situé au Nord est de Bangkok. Ce parc, nous y sommes venus parce que plusieurs personnes nous l'ont conseillé, et parce que le Lonely Planet de la Thailande dit que c'est l'un des plus beaux de la Planète.

Avec AnneK, nous avons démarré une rando quelques heures plus tôt. Mais cette randonnée n'est pas complètement ordinaire. Déjà, il faut savoir que ce parc national est recouvert d'une jungle tropicale. D'autre part, selon la dame qui nous a renseigné au visitor center, nous étions sensés prendre un guide pour la faire. Mais nous savions que c'était quand même possible de la faire seuls, car le chemin est balisé de rouge. Pourquoi diable prendre un guide alors qu'on peut y aller gratos ?En plus : c'est beaucoup plus marrant quand on rajoute une petite dose d'incertitude, et donc d'aventure. Après l'Amazonie où le guide était obligatoire, ici, c'est tentant de le faire seul dans un décor qui rappelle un petit peu la grande forêt d'Amérique du sud (un petit peu, pas trop quand même).

Tout avait bien commencé. Nous nous sommes lancés vers 12h pour une rando donnée pour 4h. Le balisage rouge est bien présent, et nous n'avons pas eu de problème majeur d'itinéraire. Nous croisons un couple d'espagnols, partis plus tôt, qui ont du rebrousser chemin au bout de trois heures de marche, faute d'avoir trouvé la suite. Évidement, nous ne nous laissons pas démonter, et nous continuons à vive allure dans cette jolie jungle, bien calme en cette saison. Il faut dire que novembre est le mois le plus frais de l'année. Nous progressons sous une température de moins de 25°C à cette altitude. Sous ses latitudes, la nuit tombe vers 17h30 quasiment toute l'année. Ce point de détail est important pour la suite du récit.

Le balisage est rouge. C'est ce qui était écrit dans le descriptif que nous avons pris en photo au visitor center. Au début, nous avons suivi des marques de peinture rouge, et maintenant, nous suivons des chiffons rouges noués aux branches. Sauf que le chemin est de moins en moins évident. Parfois, nous mettons quelques minutes à trouver la suite. Pour cela, l'un de nous deux reste à la dernière balise, et l'autre va fouiller les environs sans trop s'éloigner non plus. C'est capital de fonctionner comme ça, car dans une forêt comme celle-là, il suffit de sortir du chemin quelques minutes pour être définitivement perdu. Nous avons une carte très sommaire du parc national, mais elle ne nous sert pas à grand chose. Pour s'orienter, ce n'est pas évident non plus. La canopée est suffisamment fournie pour cacher complètement le soleil, et on ne sait pas trop dans quelle direction l'on va.

Il est maintenant 16h, et soudain, nous réalisons que nous pouvons voir le soleil couchant en face de nous. Nous filons donc plein ouest sur ce sentier de plus en plus incertain, et ce, depuis un bon moment. Or, en regardant rapidement la pseudo carte que nous avons, nous nous apercevons que nous tournons le dos à notre objectif. Il faut nous rendre à l'évidence, ce sentier, n'est plus le bon depuis longtemps. A ce moment précis, nous avons deux options : refaire toute la rando dans l'autre sens, ce qui représente facilement 3 heures de marche à très bon rythme, ou trouver l'endroit que nous avons du louper, où la rando se termine.

Le petit problème qui nous inquiète sévèrement, c'est qu'il nous reste de toute façon 1h30 de jour. Ensuite, nous rentrerons dans la "dead zone". Pourquoi ça ? Parce que nous sommes dans une jungle, et que cette jungle a beau être calme pendant la journée, nous savons très bien ce qu'elle nous réserve dès qu'il fera noir. Il existe un paquet de bestioles dans cette forêt pour qui la nuit tombée signifie l'heure de la chasse: des serpents (dont le fameux Cobra qui vit justement en ces lieux), de grandes araignées, des ours, et surtout, le tigre.

Donc, si vous avez bien suivi, 3 heures de marches pour revenir, c'est une heure et demie de trop. Il n'y a donc pas de temps à perdre, et nous rebroussons chemin en courant presque. Tant pis pour la végétation qui lacère nos épidermes et nos vêtements, pour les éventuels serpents qui fuiront probablement à notre approche, et pour les toiles d'araignées qu'on se prend dans la figure. Nous savions que la clé pour trouver la suite de la rando, était de traverser la rivière. Mais cette rivière, nous l'avons longée pendant un moment. A quel endroit la traverser ? Au bout de 45 minutes, nous voyons notre crédit temps se réduire dangereusement, et nous tentons une traversée de la rivière à l'arrache. De l'autre côté, point de chemin, ni d'indice, et nous revenons sur l'autre rive pour continuer nos recherches. Quelques minutes plus tard, nous repérons un grand tronc cassé dans l'eau qui a pu servir de pont à une époque. Et bingo !!! Nous apercevons le chemin en face, et nous nous jetons dans l'eau pour traverser en vitesse.

Nous retrouvons la suite et finissons rapidement cette "balade". Lorsque nous arrivons au camping, la nuit tombe pour de bon.

Excellent timing !

PS: ils ont fumé pour le Lonely Planet. OK c'est joli, mais ce n'est pas du tout le plus beau parc national du Monde.

Commentaires


Commentaire posté par Laurent le 10/12/2009
Franchement, manquer de voir un tigre de si peu, c'est dommage, non ?

Commentaire posté par Bruno le 30/11/2009
En général, dans les films, le grand tronc cassé dans l'eau s'avère être un bon vieux crocodile.
Baraka,baraka !

Commentaire posté par Nathan le 29/11/2009
C'est Sher Khan et Kaa qui ont dû être déçu... :-)))

Commentaire posté par Edith le 29/11/2009
Non mais ça va pas!!!!!


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